Le blog de l'Eglise catholique à Paris avec les "étudiants artistes" sur les arts visuels, l'Evangile et la création artistique.

Paul : Alors, qu’est-ce que tu as pensé de la Sucrière et du MAC ?
Mick : Plein de choses. Avant, il y a aussi, tout autour, évidemment, des galeries, des espaces d’art associés. Il faudrait parler de Rendez-vous 2009 à l’Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne (11 rue du docteur Dolard, 69100 Villeurbanne www.rendezvous09.fr), dédié à la jeune création. Et j’ai bien apprécié les photos de Philippe Gronon que montre la galerie Georges Verney-Carron (www.galerie-verney-carron.com) quai Rambaud, juste à côté de la Sucrière.
- On dirait que tu ne veux pas parler de la Biennale elle-même…
- Si, si : plein d’artistes, une bonne soixantaine à découvrir. Et très peu de stars, je n’en connaissais même pas dix : Sarkis, Agnès Varda, Mark Lewis, Mounir Fatmi, Jimmie Durham, Sylvie Blocher, Adel Abdessemed, George Brecht… et c’est tout.
C’est peut-être parce que le commissaire, Hou Hanru, n’a jamais travaillé en France ? Chinois, il vit à San Francisco, et conseille de grandes institutions à New York, Francfort, Amsterdam et au Japon…
- Et qu’est-ce que tu as pensé du graphisme des affiches ?
- C’est Donuts qui l’a fait. Un collectif fondé à Bruxelles : leurs variations sur le X, dix en chiffre romain, décliné dix fois, pour fêter le dixième anniversaire est assez classe.
Surtout on sent le désir anti élitiste de familiariser à l’art contemporain…
- Alors, et le reste ?
- Bon, je vais être clair. Il n’y a pas d’art sans participation effective du visiteur, sans que le spectateur soit au moins un peu acteur, et souvent c’est exigeant mais nécessaire. On voit parfois des objets vaguement décoratifs, jolis dans le meilleur des cas, mais qui ne relèvent pas de l’art « authentique ». Bon. Mais le danger, là, c’est l’excès inverse ; beaucoup d’œuvres m’ont paru trop exigeantes. Excessivement. Elles supposent un travail de documentation, un minimum de connaissance informatique, de nombreuses informations extérieures à la pièce elle-même. Là, je craque. Le MAC concentre ce type de pièces. Le « forum » de Sarkis ne prend sens qu’avec sa programmation de colloques, performances… en dehors c’est une gigantesque salle où une soufflerie disperse des feuilles de journaux éclairées par des vitraux. J’ai traversé... « Qu’est-ce que la Démocratie ? » de Olivier Ressler m’a semblé ne juxtaposer que des opinions. Des laboratoires de sens, il y en a, il en faut mais les matériaux et les modes d’emploi manquent.
- Et de la Sucrière tu as retenu quoi ?
- Des œuvres d’orient surtout. Artistes chinois, les Xijing men font vivre naïvement une cité qui n’existe pas. Le Japonais Michael Lin qui vit à Shangaï a construit une grandiose installation à partir de la totalité d’une quincaillerie, avec musique et vidéo, et une invitation à contempler autrement le quotidien. Mais la palme de la transfiguration du quotidien va au japonais Takahiro Iwasaki, ses superbes paysages de montagnes, poétiques et délicats, réalisés avec des chaussettes ou des serviettes éponge ! Magique !
- On a tout de même envie d’y aller