Le blog de l'Eglise catholique à Paris avec les "étudiants artistes" sur les arts visuels, l'Evangile et la création artistique.
Mark Rothko, Untitled (Black, red over black and red) 1964, 205x193 cm (détail)
Vers la fin de l'exposition, j'ai eu un choc. Traces du sacré m'a permis de faire mon "baptême du Rothko". Je n'en avais jamais vu "en vrai" et pour ce tableau, l'exposition en valait la peine. D'autant plus que la couleur centrale de ce tableau est le noir. Ce carré de peinture noire forme un écran sur lequel tout un monde de traits, d'intensité de noir, est disposé. Bien sûr, je ne redirai pas ce que les spécialistes ont sans doute souligné vingt fois sur la virtuosité de Rothko dans sa façon de placer les couleurs, mais je répéterai à quel point le fait de placer le noir au centre du tableau éclaire paradoxalement l'ensemble et donne à ce rouge une luminosité qui aurait été moindre s'il avait été seul ou avec une couleur plus claire. L'obscurité qui est le coeur du tableau fait rayonner le rouge qui l'entoure.
Rothko parlait de sa peinture comme d'une expérience religieuse pour celui qui les regarde, il avait parfaitement raison : son tableau "Black, red over black on red" devient une manifestation de ce que peut-être la vie mystique.
Charlotte
Mark Rothko, Untitled (Black, red over black and red) 1964, 205x193 cm
*** Il s'agit des derniers mots de Au coeur des ténèbres de Joseph Conrad : "...into the heart of an immense darkness".