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17 octobre 2007 3 17 /10 /octobre /2007 09:36
I - "... pour nous, trouver la lumière prend du temps." 
oz-cafard-1-.jpg
 Pourquoi se pencher sur une série télévisée? Est-ce pour répondre à la mode qui met sur un piédestal nombre de ces objets visuels? Pour être franche, je crois qu'il est difficile d'ignorer ce format puisque depuis quelques années, il concurrence le cinéma et touche bien plus de spectateurs que le grand écran. Les chaînes américaines l'ont compris, apparemment pas les chaînes françaises. Les auteurs de scénario s'en donnent à coeur joie et créent des dizaines de séries par année, les chaînes rivalisent de diversité, d'originalité et certaines de provocation. On peut se poser la question de savoir si la télévision ne devient pas un lieu nouveau de liberté créative, en comparaison avec ce que nous proposent les productions cinématographiques. 
 
 Parmi toutes ces séries, une se distingue particulièrement à mes yeux. Elle n'est pas récente puisque le dernier épisode a été diffusé il y a 4 ans. Cette série a réuni très peu de spectateurs par rapport à d'autres bien plus accessibles. Elle a pour nom OZ, en référence au film Le Magicien d'Oz, une référence pervertie puisqu'en réalité, Oz est le nom raccourci du centre pénitencier à haute sécurité d'Oswald. Faut-il rappeler qu'Oswald est entre autres le nom du meurtrier du président Kennedy? Faut-il lire par là que les prisonniers qui se trouvent à Oz sont ceux qui tuent l'image parfaite que l'Amérique aime se représenter d'elle-même? C'est fort probable. Car comme JFK tenait le rôle du président progressiste, séduisant défenseur des valeurs de liberté, l'image parfaite d'une Amérique réussie, Lee Harvey Oswald a vu se retourner contre lui toute la haine du monde pour avoir assassiné ce rêve. C'est sous son parrainage qu'existe donc Oz, au sein de laquelle une unité expérimentale a été créée. Encore une référence au Magicien d'Oz, puisque ce quartier a été baptisé Emerald City, vous vous souvenez, la fabuleuse cité d'émeraude où résidait le mystérieux magicien? Sauf qu'il ne s'agit pas d'un pays enchanteur où une jeune fille à couettes sautille en chantant, mais d'un lieu où chaque cellule est vitrée. A Emerald City, on voit tout. L'une des problématique principale de la série est celle du regard. Paradoxalement, on en voit trop, en tout cas, plus que ce qu'on voudrait. D'où la violence de la série. 
 
 Alors que ces hommes sont en prison, isolés du regard des gens, une fois qu'on pénètre à l'intérieur, les murs sont transparents, révélant absolument tout de l'intimité des détenus, de leurs sentiments, de leurs gestes. Et on voit s'étaler devant nous l'échec de l'Amérique. Car le "melting pot" ou "salad bowl" est ici forcé. L'Amérique aurait voulu une société nouvelle où tout homme quelles que soient sa couleur de peau et son origine sociale pourrait vivre en harmonie avec autrui. Et pourtant, les villes sont divisées en quartier où chacun vit avec les siens, ceux qui partagent les mêmes racines. Dans la prison, inévitablement, on retrouve ce réflexe de groupe, les Musulmans, les Irlandais, les Latinos, les Aryens, les Italiens, les travestis, les Noirs... Et pourtant, tous ces hommes ont été réunis là parce qu'on les considère comme appartenant (je cite) à la "même espèce", celle des criminels.

(à suivre)
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29 septembre 2007 6 29 /09 /septembre /2007 08:18

Un premier espace regroupant des toiles dont le motif initial semble être la roche. Un deuxième  d’un univers « forestier » Un troisième regroupement dont les toiles 
s’apparentent à l’eau qui déferle. Des coupes, des vases, échoués au bord de la peinture : points arrêtés au milieu du « tremblement de toile ». Parfois des fragments de
tissus qui se dessinent.
Per Kirkeby  creuse la peinture comme un sol, sédimente ses gestes pour faire apparaître des formes, des strates et  excavations, faisant apparaître ainsi une peinture
tellurique, qui tremble comme la terre dont elle reprend les couleurs Des traits qui cadrent, d’autres qui dessinent. Une peinture où les coups de pinceaux deviennent
cassures, nervures. Une peinture tellurique, car faite de strates, non sans liens avec des coupes géologiques, qui se coupent se heurtent : collision et subduction de la
couleur et du trait.. Minéral, végétal et « figures » se devient parfois plus qu’ils ne se voient : ici le regard se fait semblable à celui du sculpteur qui cherche dans la matière
la forme qui se trouve déjà dans son esprit et qu’il veut rendre visible.

De ceci peut se dégager un sens, Ces tableaux sont comme ceux d’une genèse laissée visible par l’artiste ou plutôt que celui- nous permet de voir.Une peinture du chaos,
-on pourrait peut-être avancer : d’un chaos originel – où le pinceau du peintre procède davantage du travail du trait que de la masse si l’on veut bien laisser son regard  se
promener dans la toile. Un regard croisé avec la Bible trouverait dans ces toiles des résonances de la Genèse : terre et eaux qui se séparent, création des « arbres et plante
qui poussent sur la terre », prémices de l’activité humaine
Quelle serait alors la place  de ces traces de l’activité humaine ?  En gardant l’écho de la Genèse, on peut y voir ceci : l’homme ici n’est pas noyé dans la nature , il y prend
sa place, discrètement mais bien là pour qui veut le voir. La peinture de Per Kirkeby nous invite à prendre le temps du regard, de l’attention au monde. Et ces coupes,
allusions à la tradition picturale, pourrait alors signifier ceci :  le monde et la peinture sont passés dans notre siècles par de nombreuse tempêtes, bien des fois l’on a cru à
la destruction, mais la vie est bien là, fragile mais présente, associée à une nature sauvage où tout est possible. Une peinture, donc où l’espérance de quelque chose de
nouveau, que nos yeux ne peuvent encore voir est là dans ce chaos apparent.

ANNE
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 Per Kirkeby, Natures mortes, Galerie de France, 54 rue de la verrerie 4ème, mar-sam 11h-19h,jusqu’au 6 octobre

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