L' E g l i s e C a t h o l i q u e à P a r i s propose
l' aumônerie des Beaux-Arts et des étudiants artistes : le cep
A. V. E.
C

Hervé Le Roux, 1996, 185 minutes.
Produit par : Les films d’ici, avec le concours du CNC et du Ministère du Travail et des Affaires Sociales
d’après : La reprise du travail aux usines Wonder, 1968, plan séquence de neuf minutes
« Au début, c'est une photo, dans une revue de cinéma. Un photogramme. L'image d'une femme qui crie. Et puis un titre, "La reprise du travail au usines Wonder". Cette femme, "reprise du travail" comme on dit "repris de justice", et ces usines nommées Wonder... Wonder, Wonderland ? "Alice à l'usine", l'Usine en Pays des Merveilles. » Au commencement était l’image…
Au commencement, il y a un document historique, le témoignage d'une époque, un film tournée en 68 par des étudiants de l’IDHEC, un plan séquence de 9 minutes.
Un documentaire.
"...c'est La sortie des usines Lumière à l'envers. C'est un moment miraculeux dans l'histoire du cinéma direct. La révolte spontanée, à fleur de peau,
c'est ce que le cinéma militant s'acharnera à refaire, à mimer, à retrouver. En vain." (Serge Daney, Serge Le Peron, Cahiers du Cinéma, mai 1981)
Il y a un film de Hervé Le Roux sorti en 96 à partir de ce document qui est un film. Le film de Le Roux peut aussi être considéré comme un document, non un remake, bien loin d’un remake, mais une reprise. « Les années ont passé. L'usine est fermée. Mais je n'arrive pas à oublier le visage de cette femme. J'ai décidé de la retrouver. Parce qu'elle n'a eu droit qu'à une prise. Et que je lui en dois une deuxième. »
Aujourd’hui, douze années plus tard, il y a l’envie de reprendre cette reprise, de réparer – comme on reprisait les chaussettes – le trou laissé à la fois par la lutte ouvrière dans les mémoires officielles, et par les grands mythes de la liberté.
Comme toujours au cinéma on est saisi par le sujet ou ce qu’il est convenu d’appeler « le contenu. » Il s’agit d’un épisode marquant de la vie ouvrière et des milieux populaires auxquels le cinéma - et le cinéma français en particulier s’est peu intéressé dans les dernières décennies du 20° siècle. (On notera pourtant dans ces années 96-97 : Nénette et Boni de Claire Denis, En avoir ou pas de Laetitia Masson, Fred de Pierre Jolivet, A la vie, à la mort, Marius et Jeannette de Guédiguian, Bernie d’Albert Dupontel, La Vie de Jésus de Bruno Dumont...) On est ému par les émotions en jeu, agacé ou enthousiasmé par des expressions, une expression imprégnée des catégories marxistes. Au passage, on notera la présence active et discrète de l’Eglise aux côtés des travailleurs.
Mais un film est un film, c’est-à-dire une œuvre, en l’occurrence une œuvre d’art. Il suppose des choix de tournage, de cadrage, de montage… pour susciter la
pensée. Celui-ci est une quête permanente, il n’est qu'un projet qui se précise en cours de tournage : pas de scénario, pas de story-board… Mais un perpétuel work in
progress, à l’image d’une quête. Quête d’un rêve, d’un emblème insaisissable, une figure mythique et pure de la révolte. Quête qui manifeste en filigrane la réalité crue du jeu
politique et la chair d'une humanité blessée. Mais sans amertume ni (trop de) nostalgie.
Entre Rimbaud sur les barricades de la Commune et Dante espérant l'insaisissable Béatrice dans la Divine Comédie.
Hervé Le Roux, journaliste et critique, collabore entre autres aux Cahiers du Cinéma, tout en participant à la programmation cinéma du Festival d'Automne à Paris (1984/1988). Assistant-réalisateur sur INCOGNITO d'Alain Bergala, prend également part aux tournages des court-métrages L'OURSE BLEUE (Marc Chevrie) et TU M'AS DIT (Renée Falson) (1988/1990). Puis écrit et met en scène GRAND BONHEUR, présenté à Cannes, en ouverture de la section Cinémas en France, en 1993. Par ailleurs co-auteur, avec Gilles Cornec et Patrick Leboutte, de Cinégénie de la bicyclette (Editions Yellow Now, 1995).
LeCepAVEC
l'aumônerie des Beaux-Arts
et des étudiants artistes
Le Cep ? Comme toutes
les aumôneries Catholiques Etudiantes à Paris.
C'est aussi une image du Christ :
"Je suis le cep véritable et mon père est le vigneron" (Evangile selon Saint Jean, 15,1)
AVEC ? Comme Arts Visuels, Evangile & Création .
Etudiants d'une pratique artistique dans tous les arts
visuels.
REUNION d'EQUIPE 1 dimanche sur 2
Prochaines le 4 et le 18 mai.