L'Orphelin d'Anyang, Wang Chao

L’orphelin d’Anyang

Wang Chao, 2001, 1h 20

 

« Le cinéma agit sur la vie intérieure. Il parle au cœur.

C’est une fenêtre ouverte sur le monde et sur la vie intérieure. »

Wang Chao (né en 1964)

 

Oui, le cinéma agit. Il touche, il émeut et donc met en mouvement notre vie intérieure. Pour le meilleur et pour le pire. Il peut tout recouvrir d’une chape d’illusions aussi bien qu’animer notre imagination pour une quête de vérité. Il peut aliéner autant qu’ouvrir des horizons.

 

L’orphelin d’Anyang est un film rare. Qui ménage de longs silences, donne le temps à l’attente, respecte une grande distance avec ses personnages. Entre la ville bruyante, écrasante et un bébé fragile – l’orphelin du titre - Dagang, le prolétaire licencié, Yanli, la prostituée et Si-De le gangster : triangle typique du milieu populaire dans la société chinoise. La grisaille froide est la même pour les bons et les méchants.

Et on « se refile le bébé. » Sauf le brave Dagang qui en prend soin consciencieusement. Si l’enjeu de cette histoire était de construire une famille, malgré tout ? De donner une famille à cet orphelin. Un héritage.

La caméra de Wang Chao découpe l’espace et le montage cisèle le temps. Symétrie des plans et de la construction même du film invitent à y déceler un peu plus qu’une succession d’anecdotes mélodramatiques. Il y a un enjeu qui dépasse les protagonistes. Leurs aspirations louables de créer une alliance familiale malgré la misère sociale et morale n’aboutira pas selon leur souhait mais l’espérance n’est pas morte.

Sous le poids du tragique, le bébé m’apparaît comme une figure de la petite espérance. Fragile et forte à la fois, pourvu qu’on en prenne soin. La proximité de Noël nous rappelle que notre Dieu aussi a revêtu la chair humaine dès sa naissance, comme un bébé « emmailloté » spécifie l’Evangile. Ici, la couverture rouge brûle comme une petite flamme d’espérance dans la grisaille d’Anyang.

Bonjour, Bienvenue :-)

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