Mercredi 9 avril 2008

Le Cep 7ème ART

Rencontres étudiantes autour d’un film animées par le père Michel Brière
le second samedi de chaque mois.

 

Samedi 12 avril 2008 à 10h30

GHOST DOG, la voie du samouraï

Jim Jarmusch - 1999– 110’

 

On ne sait presque rien de ce samouraï hip-hop. Une photo de femme, le souvenir d’un mort, un ado tabassé… Sur le rap de RZA, il se déplace comme un fantôme, léger. Il communique au-delà des langues, avec son meilleur ami, en phrases énigmatiques et par pigeons voyageurs. Sinon, le silence :

"La meilleure attitude à avoir à l'égard de la parole, c'est de n'en pas user." (Maître zen)

C’est un tueur doux. Un in-humaniste, tellement humain. Bien en chair… Forest Whitaker l’incarne magistralement. Le prophète d’une nouvelle tradition transmise par les femmes..? Un mythe, une nouvelle légende pour le XXI° s. ?

 

Cinéma l’Arlequin
76 rue de Rennes 75006 Paris

M° Saint-Sulpice
Ouvert à tous. Entrée 6 €

par le Cep AVEC publié dans : Cinéma
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Lundi 7 avril 2008
LA RONDE DE NUIT Peter Greenaway

Difficile de faire la critique d'un tel film. Très maîtrisé, volontairement expérimental (rien qu'à la façon artificielle dont jouent les acteurs, on reste un peu interloqué pendant les premières minutes), appuyant sur la beauté des images vraiment magnifiques, ce film peut agacer par sa recherche si évidente de perfection. Pourtant, il y a plus que la recherche d'une composition de plans sans défauts. 

Il y a dans La Ronde de Nuit une réflexion sur la mise en scène.La première scène par exemple trompe le spectateur qui pendant quelques minutes se demande s'il est en train de regarder du théâtre filmé.  Les personnages s'adressent directement à la caméra, on reste parfois surpris du registre utilisé pour interpréter certains sentiments. On est souvent en plan d'ensemble ou large comme assis devant la scène de théâtre.
"All the world's a stage", dit justement un personnage de comédien. Rembrandt se bat contre la comédie et le mensonge des bourgmestres qu'il peint. Pour lui tout est spectacle, prétexte à la peinture. C'est le spectacle que le peintre accuse et c'est le spectacle qui lui fournit son travail. Alors que Rembrandt fige les visages des grands de Hollande, Peter Greenaway redonne vie aux tableaux. Je ne m'étendrai pas sur la métaphore rebattue de la toile du tableau et de l'écran de cinéma.

Rembrandt compose ses tableaux de manière à parler à celui qui le regardera, on le voit choisir les couleurs, les vêtements, les places de ses modèles. La lumière découvre peu à peu une scène, transforme l'espace, modèle une atmosphère. Si on observe bien, on peut remarquer que plusieurs lieux du film sont situés dans le même décor, seulement, il est éclairé différemment, il est utilisé plus ou moins largement.

Ce que cherche Rembrandt, qui craint plus que tout de devenir aveugle, c'est la lumière. Qui éclaire-ton? Comment éclaire-t-on un tableau? Où place-t-on la couleur? Il faut voir cette scène onirique d'ouverture où Rembrandt demande à sa servante de décrire les couleurs à un aveugle pendant qu'elle ouvre les volets de sa chambre. La question est posée : comment ouvre-t-on l'esprit des spectateurs? Comment fait-on naître les émotions par l'image?
Selon l'emplacement et l'utilisation de la lumière, notre perception est différente. Greenaway a bien choisi de traiter un tableau dont le titre contient le mot "nuit". C'est la maîtrise de la lumière qui fait du peintre, du cinéaste, un grand artiste, parce que c'est cette lumière qui montre ce que nous n'avions pas vu, qui invente des mondes et recompose des univers, qui éclaire un personnage sous un angle imperceptible auparavant.
Enfin, c'est cette lumière qui nous montre la vérité (une enquête criminelle est prétexte au film).
Cela vous rappelle-t-il quelque chose?

Charlotte
par le Cep AVEC publié dans : Cinéma
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Jeudi 13 mars 2008
daniel-day-lewis_427x321.jpgLE BRUIT ET LA FUREUR
 
Pour Daniel Plainview et Eli Sunday, il faut savoir acheter les esprits afin de pouvoir ensuite réclamer les biens. Le premier est prospecteur de pétrole, le second est un jeune prédicateur de l'Eglise de la Troisième Révélation. Nous sommes dans le sud-ouest américain et l'histoire se déroule en quatre périodes, de 1898 à 1929.
 
Les deux premières périodes durent environ 1/4 d'heure et couvrent la découverte des premiers gisements de pétrole par Daniel Plainview. Pendant ces 15 minutes, pas un mot n'est prononcé, seuls une musique stridente et les bruits des machines se font entendre. Car le film décrit un processus mécanique: je veux, je convaincs, j'achète, je tue, je mens, je gagne. Daniel Plainview est une machine, comme nous le fait comprendre la musique qui reprend le rythme du train ou des foreuses. Une machine que rien n'arrête, que le scrupule ou le remords ne saisit pas, froid, sans famille, sans amitié, sans amour, sans religion. 
 
Comme les grands héros des tragédies grecques, c'est la démesure qui caractérise cet homme et qui l'entraîne à la perte de son humanité. Tout est démesuré autour de lui - mais n'est-ce pas un des attributs des Etats-Unis? -,  à l'image de la plaine désertique dans laquelle il a installé ses puits de pétrole. C'est en son coeur que se déroule le film. On dirait qu'il n'y a rien d'autre au monde que cette plaine sauvage, ces hommes qui creusent et ces puits. Au point que la 4è époque du film qui se déroule dans une maison majestueuse paraît anachronique, déplacée. Tout à coup, le film qui était noir et jaune devient bleuté et froid. Mais comme Daniel Plainview ne sortait pas des terres conquises ou à conquérir, car c'est de cette manière qu'il aborde le monde extérieur, il ne sort pas non plus de sa demeure. Et comme il aimait être sous le sol dans ses puits, on le laisse en sous-sol dans sa salle de bowling.
 
Face à lui, il y a Eli Sunday le religieux qui a trouvé en Plainview une source possible d'argent et un adversaire à détruire avant qu'il n'influence les fidèles de son église. Le film est une critique claire de l'Amérique, enfermée sur elle-même et isolée, qui entre en conquérante sur les terres des autres,  Daniel Plainview et Eli Sunday sont respectivement des images de la politique économique agressive américaine et de la relation ambiguë entre la religion et le pouvoir aux Etats-Unis. 
 
C'est aussi un film sur notre bruit, la musique est souvent difficile à supporter. La victime de ce vacarme, c'est le fils de Plainview qui devient sourd après une explosion de gaz et que son père rejette ensuite. Paradoxalement, c'est aussi ce qui sauve l'enfant, comme s'il fallait s'isoler du bruit du monde pour survivre.
 
Le titre - "Il y aura du sang" - n'est pas la première citation de l'Ancien Testament que fait le cinéaste Paul Thomas Anderson*. Dans l'un de ses précédents films, Magnolia", il avait mis en scène une pluie surréaliste de grenouilles sur Los Angeles. On l'attend ce sang qui est présent la plupart du temps sans être visible tout au long du film : le pétrole, la seule chose qui fait vivre cette terre sèche du Texas; le sang du Christ qui est évoqué à tout bout de champ par le religieux Eli Sunday et que refuse Daniel Plainview; le sang des ouvriers qui meurent pendant le travail; le sang des victimes de Daniel Plainview. Ce sang-là ne devient concret qu'à la toute dernière scène du film et c'est une fin inévitable, car le film se construit en tragédie. Plainview amasse, accumule et dévore tout (l'un des films de référence pour la préparation de l'acteur a été Nosferatu) et le prédicateur Eli Sunday ressemble tellement au prospecteur Daniel Plainview que There Will be Blood peut être vu comme l'histoire de Caïn et Abel où Abel serait aussi mauvais que Caïn et où Dieu serait un intermédiaire utile pour étendre l'influence des deux adversaires sur leurs "fidèles".
 
There Will be Blood est un film sur un homme trop envahissant pour les autres, tellement imposant que rien ne peut le détruire sauf lui-même. "(...) on ne peut pas être tranquillement ce qu'on est sans torturer quelqu'un" écrivait Simone de Beauvoir dans Le Sang des Autres; Daniel Plainview demeure tellement fidèle à lui-même qu'il écrase ceux qui l'entourent. Sur l'égoïsme universel, il nous dit que celui qui veut être lui-même ou plus que lui-même ne peut faire autrement que de sacrifier les autres. Sur notre condition humaine et sur nos rapports aux autres, il nous dit qu'être c'est déjà trop.

Charlotte
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* Exode 7,19 : "Et l'Éternel dit à Moïse : Dis à Aaron : Prends ton bâton et étends la main sur l'eau de l'Egypte, sur ses fleuves, sur ses canaux, sur ses étangs et sur tous ses réservoirs, et elle sera du sang, et il y aura du sang dans tout le pays d'Egypte jusque dans les vases de bois et de pierre."
 
par le cep AVEC publié dans : Cinéma
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Lundi 4 février 2008

Une nouvelle page Cep 7ème ART
à consulter en bas à droite de l'écran 

REPRISE de Hervé Le Roux

par le cep AVEC publié dans : Cinéma
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Vendredi 3 août 2007

Quel plaisir de réunir les noms de Michel Serrault, Ingmar Bergman et Michelangelo Antonioni ! Quelle tristesse que la cause en soit leur mort !

 Une génération. Des grands. Que de moments intenses ils ont donné !

 J’ai plongé dans le 7ème art avec « Le 7ème sceau » Je veux dire que c’est « Le 7éme sceau » qui a éveillé ma reconnaissance du cinéma comme un art. Dès lors, Ingmar Bergman m’accompagne, pas à pas, film à film.. Lassé, un temps, par ses plongées au plus obscur de la psyché, son terrible « Œuf du serpent » en 77 m’a empêché de goûter ses dernières œuvres jusqu’à ce 30 Juillet 2007 et sa mort à Faro, son île. Le collège des Bernardins lui consacrera l’un de ses Samedis Cinéma en février 2008.

 Michel Serrault fait partie de la famille. Dès cinq ans,  j’accompagnai mes parents dans leurs sorties dominicales, assez souvent dans les cinémas du quartier pour voir : « Assassins et voleurs, Messieurs les ronds de cuir, La belle américaine, Bébert et l’omnibus, Des pissenlits par la racine »… autant de films qu’un cinéphile classe dans les séries B. Peu à peu on retenait son nom et puis il y a eu « Le viager » et « La cage aux folles » que je regarde encore avec émotion ; si, si : vous souvenez-vous du « Tu me trouves comique..? » murmuré à travers la porte à peine ouverte au début du second volet ? Un instant Molinaro, les éclairages, le maquillage et d’abord, le jeu de Serrault atteignent la puissane d’une photo de Nan Golding.

Michelangelo Antonioni m’a ennuyé plus d’une fois… sauf quand « Blow up », à sa sortie en 67 annonce une nouvelle pratique de l’image inculturée dans le Londres des Beatles. Paradoxalement, il aura fallu « Par delà les nuages » tourné par Wim Wenders pour me donner le goût de replonger dans son œuvre et de découvrir ses Ecrits (coll. Inventeurs de formes, Images modernes, 2003)

 Merci messieurs ! Que le cinéma du 21ème siècle fasse fructifier ce que vous lui laissez en héritage.

Michel Brière

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Bonjour, Bienvenue :-)

LeCepAVEC

l'aumônerie des Beaux-Arts
et des étudiants artistes
Le Cep
  ? Comme toutes les aumôneries Catholiques Etudiantes à Paris.
C'est aussi une image du Christ :
"Je suis le cep véritable et mon père est le vigneron" (Evangile selon Saint Jean, 15,1)

AVEC ? Comme Arts Visuels, Evangile & Création .

Etudiants d'une pratique artistique  dans tous les arts visuels.

REUNION d'EQUIPE 1 dimanche sur 2
 Prochaines le 4 et le 18 mai.

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