Chut !
Petit exercice de contemplation en ligne
La Nuit III, Jean-Louis Garnell, 1989, 100x120, C Print
L' E g l i s e C a t h o l i q u e à P a r i s propose
l' aumônerie des Beaux-Arts et des étudiants artistes : le cep
A. V. E.
C
Chut !
Petit exercice de contemplation en ligne
La Nuit III, Jean-Louis Garnell, 1989, 100x120, C Print

II - "De pouvoir voir le visage de Dieu dans un tel trou à rat."
En quoi cette série se distingue-t-elle ? Dans le fait qu'elle met le
spectateur en constant déséquilibre. Au lieu de désigner un héros, un personnage à qui s'identifier facilement, sans être gêné, qu'on retrouvera avec sécurité au prochain épisode, elle fait
défiler un nombre incroyable de caractères, tous plus cruels les uns que les autres. Impossible de savoir qui va rester en vie jusqu'au bout de l'épisode, puisque l'activité principale dans la
prison est de survivre. C'est sans doute la série qui a fait le plus de morts (fictifs) car les décès sont très souvent plus d'un par épisode. Pas de figure plus attirante que l'autre, plus
sympathique.
Il existe deux punitions à Emerald City qui impliquent toutes deux la question du regard. L'une est la
cellule d'isolement, cellule complètement vide, sans matelas, sans toilettes, où les prisonniers sont envoyés, mis à nus, ne communiquent avec personne, la nourriture arrive par une fente, la
lumière n'entre pas. Même si à Oz on risque sa vie à chaque seconde, les prisonniers préfèrent être au milieu de tous qu'à l'écart, où ils n'existent plus, comme au théâtre où le "pouvoir"
appartient à celui qui occupe l'espace de la scène. En isolement, les hommes s'autodétruisent. La deuxième punition est une cage placée au milieu de l'unité d'Emerald City, où, comble de
l'absurde le prisonnier puni est exposé au regard de tous. Surexposé alors, centre de l'attention et de la haine, bouc émissaire pour un moment ?
Etrangement, l'architecture de la prison fait parfois penser à une église: des portes en
arches, des couloirs à peine éclairés, des fenêtres en longueur avec des vitraux qui ne laissent presque pas passer la lumière. Beaucoup de question sur Dieu sont par ailleurs soulevées car dans
un endroit où les notions de bien et de mal sont déplacées voire inexistantes, que devient Dieu? Ainsi, ces hommes écartés par la société se sentent abandonnés par Dieu, malgré les efforts des
deux religieux faisant partie du personnel de la prison (une religieuse et un prêtre catholiques) pour les soutenir. La beauté de cette série est de faire ressortir de manière beaucoup flagrante
ce qui est grand et beau chez l'homme. Car lorsque quelque chose de positif arrive, c'est un étonnement émerveillé qui se manifeste chez le spectateur, de quoi garder un peu d'espoir devant les
actes de criminels qu'il faut pourtant voir comme des créatures de Dieu :
Un prisonnier : « Mon père. Où était Dieu quand mon fils est mort ? »
(Un temps de silence.)
Le prêtre : « Là où Il était lorsque Son propre fils est mort. »
Charlotte
Une très belle expo, à voir absolument si vous le pouvez. Les œuvres sont très dépouillées. Le vocabulaire plastique est très simple : palette réduite, formes étirées plus ou moins
organiques. Des dessins qui semblent monochromes, mais qui, vus de près se révèlent tout en nuance. La technique est le pliage, intention qui fait apparaître le hasard. Le plus
dépouillé et lisse des noirs se révèle matière, texture, et non simple trait. Des nuances des couleurs apparaissent : le regard fait apparaître la matière. Ces dessins jouent à la fois
du trait, du pochoir et de l’empreinte, font dialoguer, vide et plein, couleur et matière. Orozco est sculpteur ; dans ses dessins il sculpte le vide
pour lui faire prendre corps.
Une pièce dépouillée, éclairée, naturellement , surprenant par
rapport au reste. Il y a « peu » à voir : dans un angle, à la hauteur du regard, des taches que l’on reconnaît
comme l’empreinte d’un visage. Au sol, une sculpture compacte noire porte une série d’empreintes de mains. Sur un socle blanc, une autre, aux mêmes matériaux et couleurs,
porte aussi une série d’empreintes de mains. On y reconnaît la forme d’un bassin humain.
L’œuvre, me semble-t-il, n’est pas seulement dans ces pièces, mais dans la circulation, le souffle entre elles. Cette exposition, ces œuvres-ci, questionnent la présence, l’absence,
la figuration, l’apparition. Elle m’évoque les réflexions sur la capacité de l’art à rendre le mystère de la figure humaine, et aussi celles sur l’Incarnation de Bernardin de Sienne :
l’Infini dans le fini, incontrôlé dans le contrôlé... N’est-ce pas comme dans le pliage. L’un est lié à l’autre : l’intention de l’artiste n’est-elle pas parole, pensée, la peinture, une
chair. Ici se dit quelque chose du mystère de l’existence, de la figuration : l’idée, « le verbe » qui se fait chair.
Anne
Gabriel Orozco Dépliages, galerie chantal Crousel jusqu’au 20/10, mar-sam 11h-13h, 14h-19h, 1o rue Charlot (3ème)

LeCepAVEC
l'aumônerie des Beaux-Arts
et des étudiants artistes
Le Cep ? Comme toutes
les aumôneries Catholiques Etudiantes à Paris.
C'est aussi une image du Christ :
"Je suis le cep véritable et mon père est le vigneron" (Evangile selon Saint Jean, 15,1)
AVEC ? Comme Arts Visuels, Evangile & Création .
Etudiants d'une pratique artistique dans tous les arts
visuels.
REUNION d'EQUIPE 1 dimanche sur 2
Prochaines le 4 et le 18 mai.