Mercredi 19 mars 2008

Chut !
Petit exercice de contemplation en ligne

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La Nuit III, Jean-Louis Garnell, 1989, 100x120, C Print

par le cep AVEC publié dans : VU
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Mercredi 13 février 2008
Voici "Clin d'oeil", voici la première vidéo du blog, le premier court métrage de Nathalie avec son équipe :
désolé, pas moyen de la mettre en lien, mais allez voir quand même :-) ça vaut la peine
http://www.youtube.com/watch?v=IMR9Ejkq95A
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Vendredi 26 octobre 2007

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II - "De pouvoir voir le visage de Dieu dans un tel trou à rat."

 En quoi cette série se distingue-t-elle ? Dans le fait qu'elle met le spectateur en constant déséquilibre. Au lieu de désigner un héros, un personnage à qui s'identifier facilement, sans être gêné, qu'on retrouvera avec sécurité au prochain épisode, elle fait défiler un nombre incroyable de caractères, tous plus cruels les uns que les autres. Impossible de savoir qui va rester en vie jusqu'au bout de l'épisode, puisque l'activité principale dans la prison est de survivre. C'est sans doute la série qui a fait le plus de morts (fictifs) car les décès sont très souvent plus d'un par épisode. Pas de figure plus attirante que l'autre, plus sympathique.

Il existe deux punitions à Emerald City qui impliquent toutes deux la question du regard. L'une est la cellule d'isolement, cellule complètement vide, sans matelas, sans toilettes, où les prisonniers sont envoyés, mis à nus, ne communiquent avec personne, la nourriture arrive par une fente, la lumière n'entre pas. Même si à Oz on risque sa vie à chaque seconde, les prisonniers préfèrent être au milieu de tous qu'à l'écart, où ils n'existent plus, comme au théâtre où le "pouvoir" appartient à celui qui occupe l'espace de la scène. En isolement, les hommes s'autodétruisent. La deuxième punition est une cage placée au milieu de l'unité d'Emerald City, où, comble de l'absurde le prisonnier puni est exposé au regard de tous. Surexposé alors, centre de l'attention et de la haine, bouc émissaire pour un moment ?  
Etrangement, l'architecture de la prison fait parfois penser à une église: des portes en arches, des couloirs à peine éclairés, des fenêtres en longueur avec des vitraux qui ne laissent presque pas passer la lumière. Beaucoup de question sur Dieu sont par ailleurs soulevées car dans un endroit où les notions de bien et de mal sont déplacées voire inexistantes, que devient Dieu? Ainsi, ces hommes écartés par la société se sentent abandonnés par Dieu, malgré les efforts des deux religieux faisant partie du personnel de la prison (une religieuse et un prêtre catholiques) pour les soutenir. La beauté de cette série est de faire ressortir de manière beaucoup flagrante ce qui est grand et beau chez l'homme. Car lorsque quelque chose de positif arrive, c'est un étonnement émerveillé qui se manifeste chez le spectateur, de quoi garder un peu d'espoir devant les actes de criminels qu'il faut pourtant voir comme des créatures de Dieu :

          Un prisonnier : « Mon père. Où était Dieu quand mon fils est mort ? »

          (Un temps de silence.)

          Le prêtre : « Là où Il était lorsque Son propre fils est mort. »


Charlotte

par le cep AVEC publié dans : VU
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Samedi 20 octobre 2007

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Une très belle expo, à voir absolument si vous le pouvez. Les œuvres sont très dépouillées. Le vocabulaire plastique est très simple : palette réduite, formes étirées plus ou moins
organiques. Des dessins qui semblent monochromes, mais qui, vus de près se révèlent tout en nuance. La technique est le pliage, intention qui fait apparaître le hasard. Le plus
dépouillé et lisse des noirs se révèle matière, texture, et non simple trait. Des nuances des couleurs apparaissent : le regard fait apparaître la matière. Ces dessins jouent à la fois
du trait, du pochoir et de l’empreinte, font dialoguer, vide et plein, couleur et matière. Orozco est sculpteur ; dans ses dessins  il sculpte le vide pour lui  faire prendre corps.
                Une pièce dépouillée, éclairée, naturellement , surprenant par rapport au reste. Il y a « peu » à voir : dans un angle, à la hauteur du regard, des taches que l’on reconnaît
comme l’empreinte d’un visage. Au sol, une sculpture compacte noire porte une série d’empreintes de mains. Sur un socle blanc, une autre, aux mêmes matériaux et couleurs,
porte aussi une série d’empreintes  de mains. On y reconnaît la forme d’un bassin humain.
L’œuvre, me semble-t-il, n’est pas seulement dans ces pièces, mais dans la circulation, le souffle entre elles. Cette exposition, ces œuvres-ci, questionnent la présence, l’absence,
la figuration, l’apparition. Elle m’évoque les réflexions sur la capacité de l’art à rendre le mystère de la figure humaine, et aussi celles sur l’Incarnation de Bernardin de Sienne :
l’Infini dans le fini, incontrôlé dans le contrôlé... N’est-ce pas comme dans le pliage.  L’un est lié à l’autre : l’intention  de l’artiste n’est-elle pas parole, pensée, la peinture, une
chair. Ici se dit quelque chose du mystère de l’existence, de la figuration : l’idée, « le verbe »  qui se fait chair.

                Anne

Gabriel Orozco Dépliages, galerie chantal Crousel jusqu’au 20/10, mar-sam 11h-13h, 14h-19h, 1o rue Charlot (3ème)

par le cep AVEC publié dans : VU
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Mercredi 17 octobre 2007
I - "... pour nous, trouver la lumière prend du temps." 
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 Pourquoi se pencher sur une série télévisée? Est-ce pour répondre à la mode qui met sur un piédestal nombre de ces objets visuels? Pour être franche, je crois qu'il est difficile d'ignorer ce format puisque depuis quelques années, il concurrence le cinéma et touche bien plus de spectateurs que le grand écran. Les chaînes américaines l'ont compris, apparemment pas les chaînes françaises. Les auteurs de scénario s'en donnent à coeur joie et créent des dizaines de séries par année, les chaînes rivalisent de diversité, d'originalité et certaines de provocation. On peut se poser la question de savoir si la télévision ne devient pas un lieu nouveau de liberté créative, en comparaison avec ce que nous proposent les productions cinématographiques. 
 
 Parmi toutes ces séries, une se distingue particulièrement à mes yeux. Elle n'est pas récente puisque le dernier épisode a été diffusé il y a 4 ans. Cette série a réuni très peu de spectateurs par rapport à d'autres bien plus accessibles. Elle a pour nom OZ, en référence au film Le Magicien d'Oz, une référence pervertie puisqu'en réalité, Oz est le nom raccourci du centre pénitencier à haute sécurité d'Oswald. Faut-il rappeler qu'Oswald est entre autres le nom du meurtrier du président Kennedy? Faut-il lire par là que les prisonniers qui se trouvent à Oz sont ceux qui tuent l'image parfaite que l'Amérique aime se représenter d'elle-même? C'est fort probable. Car comme JFK tenait le rôle du président progressiste, séduisant défenseur des valeurs de liberté, l'image parfaite d'une Amérique réussie, Lee Harvey Oswald a vu se retourner contre lui toute la haine du monde pour avoir assassiné ce rêve. C'est sous son parrainage qu'existe donc Oz, au sein de laquelle une unité expérimentale a été créée. Encore une référence au Magicien d'Oz, puisque ce quartier a été baptisé Emerald City, vous vous souvenez, la fabuleuse cité d'émeraude où résidait le mystérieux magicien? Sauf qu'il ne s'agit pas d'un pays enchanteur où une jeune fille à couettes sautille en chantant, mais d'un lieu où chaque cellule est vitrée. A Emerald City, on voit tout. L'une des problématique principale de la série est celle du regard. Paradoxalement, on en voit trop, en tout cas, plus que ce qu'on voudrait. D'où la violence de la série. 
 
 Alors que ces hommes sont en prison, isolés du regard des gens, une fois qu'on pénètre à l'intérieur, les murs sont transparents, révélant absolument tout de l'intimité des détenus, de leurs sentiments, de leurs gestes. Et on voit s'étaler devant nous l'échec de l'Amérique. Car le "melting pot" ou "salad bowl" est ici forcé. L'Amérique aurait voulu une société nouvelle où tout homme quelles que soient sa couleur de peau et son origine sociale pourrait vivre en harmonie avec autrui. Et pourtant, les villes sont divisées en quartier où chacun vit avec les siens, ceux qui partagent les mêmes racines. Dans la prison, inévitablement, on retrouve ce réflexe de groupe, les Musulmans, les Irlandais, les Latinos, les Aryens, les Italiens, les travestis, les Noirs... Et pourtant, tous ces hommes ont été réunis là parce qu'on les considère comme appartenant (je cite) à la "même espèce", celle des criminels.

(à suivre)
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Bonjour, Bienvenue :-)

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l'aumônerie des Beaux-Arts
et des étudiants artistes
Le Cep
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C'est aussi une image du Christ :
"Je suis le cep véritable et mon père est le vigneron" (Evangile selon Saint Jean, 15,1)

AVEC ? Comme Arts Visuels, Evangile & Création .

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 Prochaines le 4 et le 18 mai.

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