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13 juillet 2007 5 13 /07 /juillet /2007 11:31

 


La Marque Noire

Mick : J’sais pas comment je suis fait mais par moment j’aime bien me prendre des baffes !
Paul : Ben, ça se soigne, mon vieux ! 
- Non, je n’ai même pas envie de me soigner. Il y a des fois plus t’es mal à l’aise et moins tu comprends et plus t’es heureux… J’ai besoin d’un art radical qui réveille des morceaux de sensibilité habituellement assoupis.
- Pourquoi tu me racontes ça ?
- Je reviens de la rétrospective de Steven Parrino au Palais de Tokyo : La Marque Noire.
- Ah oui ?! Moi, j’ai juste fait un tour et je suis sorti. Faut que tu m’expliques !
- J’ai besoin d’une accroche. Je sais bien qu’une exposition c’est un tout organisé mais c’est par l’expérience d’une œuvre que j’entre ou non dans une expo.
- Et là ?
- Là, c’est Romulus et Remus qui m’a arrêté. (cf cliché) Sinon, peut-être que comme toi, je serais ressorti rapidement.
- Oui, je me souviens. En gros, ce n’est jamais qu’une sculpture sur un socle.
- Oui, un socle qui te met les deux éléments pile à hauteur des yeux…
- …à condition de mesurer au moins 1,80m.
- O.K. sinon tu rates le jeu de reflets dans le miroir qui couvre le socle. Mais, tu as raison, c’est peut-être finalement, tout simplement la forme traditionnelle d’une statue sur son socle qui m’a arrêté.
- Bon. Et après ?
- La question du double. On a deux éléments face à face…
- J’ai pas vu de face !
- Très drôle. N’empêche que ces deux éléments, constitués du même matériau, semblables sans être identiques, paraissent déjà en reflet l’un de l’autre. Ils sont en relation de ressemblance. Et posés sur un miroir, leur exact reflet à chacun les déforme et les transforme.
- Et alors ?
- Ces plans pliés selon une ligne brisée deviennent volumes clos et se ressemblent davantage encore par la symétrie que le miroir leur confère.
- Le matériau m’a paru résolument nouveau, connoté « haute technologie », aviation ou construction à contraintes extrêmes. On hésite entre plastique et métallique.
- La pliure fait plus ou moins penser à un accident.
- D’accord, mais le reste ?
- J’avais déjà vu ses « monochromes froissés » on est plus dans un discours sur l’art, mais on retrouve ce côté « accidenté » les œuvres sur bois sont cassées, la toile de Crowbar 1987 est déchirée, et c’est un « pied-de-biche » qui a été utilisé, abandonné là. La perfection des monochromes blessée par effraction, par accident, bousillée, fracassée… Comme si Clement Greenberg se prendrait une volée par des voyous du Bronx, ou quelque chose comme ça.
- L’art qui fréquente les voyous comme Jésus à la table des pécheurs… C’est ça que tu  veux dire ?
- Oui, un peu. Notre art est tellement sacré qu’il est aseptisé. Parrino c’est l’art de la contre culture et de la sous culture états-uniennes. Et, curieusement, ça élève.

Steven Parrino, Retrospective Prospective, jusqu’au 26 août
Palais de Tokyo, midi-minuit (sauf lundi)

http://www.palaisdetokyo.com/parrino/programme.php 

 

 

 

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Published by le cep AVEC - dans Paul & Mick
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