Mercredi 11 juillet 2007

Expo dérivée.

Paul : C’est l’été.
Mick : Ah bon ?!
-                On se met à l’abri où on peut. Place de la Madeleine, il y a maintenant la Pinacothèque de Paris. Tout nouveau tout beau !
-                T’imagines le prix du mètre carré… enfin, c’est une banque qui offre. Ici, art privé. De luxe.
-                Enfin, toi tu payeras 8 €, deux de moins qu’au Luxembourg. Tout le style chic de Marc Restellini, le maître des lieux qui veut permettre au  « grand public » de « s’approprier l’héritage culturel sans complexe ».
-                Tiens, lui aussi ! Décidément c’est à la mode le luxe décomplexé !
-                 Je ne comprends pas tes allusions mesquines. Huit euros, c’est le tarif habituel.
-                A condition de ne pas se laisser tenter par les produits dérivés.
-                Par exemple un parapluie estampillé « Pinacothèque de Paris » à la boutique qui a droit aux vitrines du rez-de-chaussée.
-                Eh ! Faut bien vivre…
-                L’expo, elle, est cachée au sous sol sur une surface tarabiscotée un peu plus grande que la boutique : comme si les oeuvres prenaient la place des produits dérivés..!
-                Ça tombe bien, remarque, c’est Roy Lichtenstein qui est exposé.
-                N’exagère pas. Je sais bien que tu ne jures que par l’expressionnisme abstrait…
-                Je préfère parler d’abstraction lyrique. Un jour je t’emmènerai prendre du temps avec des « Tilleuls » de Joan Mitchell.
-                O.K, mais c’est pas une raison pour jeter tout le Pop art en vrac. On se prend tout de même un petit cours d’histoire de l’art, et c’est bon de voir le combat entre les trames adhésives, le dessin clair et les figures qui creusent l’illusion. La rivalité théorique avec Picasso, et Matisse…
-                Pour être honnête, je dois reconnaître que j’ai découvert une profondeur inattendue chez ce grand superficiel. J'ai même noté, écoute ça : "L'importance de l'art n'a rien à voir avec celle du sujet; l'unité de la composition et l'inventivité sont ce qui importe vraiment." Exit les thèmes religieux, par exemple !
- Ben, c'est ce que disait Jean-Paul II, ce qui importe vraiment dans l'art, c'est l'art.

 Roy Lichtenstein, Evolution. Pinacothèque de Paris, 28 place de la Madeleine 01 42 68 02 01 http://www.pinacotheque.com/index.fr.html 

par le cep AVEC publié dans : Paul & Mick
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