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4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 22:36
Dommage que Danny Boyle se soit laissé aller aux contraintes de scénario plutôt que d'utiliser la caméra comme un oeil contemplatif. Surtout que le sujet du film s'y prête : en 2057, le soleil est en train de s'éteindre. La mission Icarus II transportant un groupe de 7 astronautes est envoyé en direction de notre étoile pour lui redonner vie à l'aide d'une charge nucléaire de la taille de Manhattan.
Plus ils s'en rapprochent, plus les membres du vaisseau éprouvent une fascination et une attirance irrésistible pour le soleil. Dans une des salles, ils peuvent regarder le soleil en face à un très faible pourcentage de luminosité au risque d'être aveuglés. 
Le film dialogue avec cette image du soleil à la fois source de vie et menaçant pour celui qui croit pouvoir lui faire face. C'est là qu'intervient la dimension religieuse du film. Ces astronautes sont face à l'élément que les hommes ont adorés en premier, celui qui apporte la lumière, la chaleur et la vie. Autrement dit, il s'agit d'une représentation de Dieu. Le réalisateur - qui se dit non croyant - pose cette question : " Comment réagit-on mentalement lorsqu'on se trouve en présence du créateur de l'univers qui, pour certains, revêt une dimension religieuse et spirituelle, et, pour d'autres, un concept purement scientifique? " 
Pour Danny Boyle; on assiste donc à la rencontre de 7 hommes avec Dieu. Pour moi; je préfèrerais penser qu'il s'agit de la rencontre de 7 hommes avec leur propre croyance, leur propre foi. chacun réagit différemment selon son parcours, selon sa force et selon la confiance qu'il a en son créateur. Malheureusement, je ne suis pas sûre que la vision de la foi qu'a le réalisateur ne soit pas légèrement primitive. Dommage, parce qu'il se place sous le signe évident de Kubrick et Tarkovski, mais il n'a ni le talent, ni la culture philosophique et spirituelle de ces derniers.
Dommage aussi que le réalisateur n'ait pas cru en la puissance poétique de son sujet et ait préféré se raccrocher à une histoire d'horreur moins bonne qu'Alien mais qui implique aussi un huitième passager, alors que le sujet de l'isolation et de l'enfermement était déjà assez effrayant et certainement plus riche. Pour conclure, voilà un film qui pose de bonnes questions mais n'a pas assez de souffle pour y réfléchir sérieusement.
Charlotte

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Published by le cep AVEC - dans Cinéma
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