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20 septembre 2008 6 20 /09 /septembre /2008 12:16

Le discours que le pape Benoît XVI a prononcé au Collège des Bernardins, vendredi 12 septembre 2008 s’adressait au « monde de la culture ». Les étudiants des Beaux-Arts et tous les « étudiants artistes » peuvent y trouver matière à réflexion.

Le pape reconnaît dans le grand mouvement du monachisme un fondement de la culture européenne caractérisé par la recherche. Il s’agit d’une quête. « Les moines désiraient la chose la plus importante : s’appliquer à trouver ce qui a de la valeur et demeure toujours… Des choses secondaires, ils voulaient passer aux réalités essentielles, à ce qui, seul, est vraiment important et sûr. derrière le provisoire, ils cherchaient le définitif. » Ce ne sont pas des savants ; au contraire, ils reconnaissent qu’ils ne savent pas : les moines sont des chercheurs, ils désirent.

Dans cette recherche, ils s’appuient sur la parole et l’écriture. Puisqu’ils sont chrétiens, il s’agit de la Bible. Leur désir d’absolu comprend l’amour de la littérature. Lues, ces écritures sont reçues comme Parole de Dieu. Elle les bouleverse. Ils en éprouvent la douleur d’une épreuve forte qui secoue la somnolence pour rendre attentif à l’essentiel. Elle  conduit non seulement sur la voie d’une mystique individuelle, mais elle introduit dans une communauté, la famille de tous ceux qui partagent cette quête.

Lire est « …une activité qui, comme le chant et l’écriture, occupe tout le corps et tout l’esprit. » Elle se prononce, se vocalise, cette Parole et nous apprend ainsi à parler à ce que nous cherchons : l’écriture lue devient ma parole et mon chant. Car la musique lui est nécessaire. Tendue par le désir cette parole requiert l’art. Elle célèbre un mystère.

Ainsi elle élève jusqu’à la ressemblance de ce qu’elle cherche : Dieu. « De cette exigence capitale de parler avec Dieu et de Le chanter avec les mots qu’Il a Lui-même donnés, est née la grande musique occidentale. » Là se fonde tout l’art occidental. Et si la lettre enseigne les faits, l’allégorie transmet ce qu’on peut croire. C’est l’art qui transmet l’essentiel.

Enfin, cette parole se donne à vivre. Dans l’Alliance nouvelle « la lettre tue, mais l’Esprit donne la vie » écrit Paul. Et « là où est l’Esprit…, là est la liberté ». Certes, l’Esprit qui rend libre ne se laisse pas réduire à l’idée personnelle de l’interprète. Il est intelligence et amour, à mi-chemin entre deux excès : l’arbitraire et le fondamentalisme.

Après la prière, la deuxième composante du monachisme est le travail. Jésus travaille même le jour du shabbat, contre l’expression pharisienne de la Loi : « Mon Père (…) est toujours à l’œuvre, et moi aussi je suis à l’œuvre » (Jn.5,17). Créateur, Dieu travaille comme un artiste et non comme un entrepreneur.

Un mouvement intérieur de confiance en cette Parole y trouvera un chemin de vie. Les chrétiens considèrent l’annonce de cette expérience comme un appel inhérent à leur foi. Or, les chrétiens n’annoncent pas une religion étrangère. Comme Paul sur l’Aréopage, ils disent à leurs frères : « ce que vous vénérez sans le connaître, on peut vous l’annoncer »

Celui que cherchent nos proches, et dont, au fond, ils ont déjà connaissance est l’Inconnu et l’Inconnaissable. La nouveauté de l’annonce chrétienne ne réside pas dans une doctrine, mais dans un fait : le sens de notre vieLogos - est en nous. L’humilité de la raison sera toujours nécessaire pour l’accueillir.

Retrouvez le discours dans son intégralité en pages "formation". 

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Published by le Cep AVEC - dans lecepavec
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