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16 juin 2008 1 16 /06 /juin /2008 09:20
« You say you want a revolution… » Quelle est ma place dans l'Histoire ? Qu'est-ce qui me permet de changer et qu'est-ce qui m'en empêche ? De quel côté est-ce que je me situe : du côté de ceux qui changent les choses ou de celui de ceux qui empêchent le changement ? Ce sont ces questions qui agitent le petit film "Half Nelson", terme de lutte qui désigne une prise qui immobilise tout à fait l'adversaire en l'écrasant. Dunne est un jeune prof de Brooklyn qui enseigne l'histoire à une classe de 4°. Quand il n'est pas à l'école, il fume du crack, couche avec tout ce qui bouge et vit dans un taudis. Disciple de la philosophie de l'Histoire de Hegel selon laquelle les événements se répètent tout en évoluant chaque fois, Dunne pose pourtant la question à l'une de ses conquêtes : "Je ne suis qu'un homme, qu'est-ce que je peux faire ?" Tout le film est pris depuis le point de vue de Dunne, c'est-à-dire à travers des images floues et instables, jamais posées, toujours mouvantes, comme l'eau d'Héraclite dans laquelle on ne se baigne jamais deux fois. Ainsi, on revient toujours plusieurs fois sur les lieux du film. La première scène nous fait entrer dans l'appartement dévasté et sale de ce professeur solitaire, écroulé sur son canapé. Et la dernière scène nous ramène dans cet appartement, rangé cette fois, et sur le canapé sont maintenant assises deux personnes. Pour une fois, ce n'est pas l'histoire d'un prof qui sauve des élèves en difficulté et a priori condamnés à une vie hors-la-loi, ni un réquisitoire contre la drogue. C'est un film assez modeste pour ne montrer que les choses telles qu'elles sont. Pas de résolution à la fin, impossible de dire si c'est une fin positive ou non, simplement, c'est un film qui nous laisse le choix. Les questions nous sont posées directement, nous aussi devenons les élèves de ce professeur qui en fait se pose les questions à lui-même en même temps qu'il enseigne à ses élèves. A noter, l'interprétation des deux rôles principaux, Ryan Gosling, un des acteurs les plus intéressants de la jeune génération américaine, et Shareeka Epps, actrice non professionnelle. Egalement remarquable, la finesse avec laquelle est traité le sujet de l'amitié entre un adulte et un enfant, qui plus est élève et professeur, question si délicate aux Etats-Unis. Voilà un petit film attachant parce que réalisé avec humilité et intelligence, loin du snobisme qu'on peut trouver dans la façon de filmer des productions indépendantes. 

Charlotte

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Published by le Cep AVEC - dans Cinéma
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