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6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 09:17

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Depuis bien longtemps l’art s’ingénie à travailler le temps. La représentation simultanée des étapes d’une vie de saint en une même image, des écrits ornementés d’entrelacs, la condensation de plusieurs angles de vue ou la décomposition  des mouvements d’une seule figure contribuaient à ralentir ou accélérer le rapport de l’observateur au temps. Avec le cinéma, le temps – découpé, ralenti, accéléré - devient un médium à part entière. Au tout début du 20ème siècle, Marcel Duchamp nomme ses tableaux, des « retards ».

Comme à l’église !

Aujourd’hui dans la course au toujours plus, dans la prolifération des représentations, plusieurs artistes fabriquent des images sobres qui distillent le temps. L’un d’eux, David Claerbout, façonne le médium contemporain de l’image numérique. Il présente au Centre Pompidou, parmi cinq projections : Sections of a Happy Moment (2007) qui m’a retenu immobile de longues minutes. Un visiteur me regardant agenouillé sur la moquette a même murmuré : « …comme à l’église ! »

Pourquoi le cacher : il émane de cette œuvre quelque chose de rare, de précieux, de magique. Cette impression repose sur un stratagème simple : photographier sous une centaine d’angles un même fragment d’instant. Heureux.  Forcément évanescent. Le temps s’arrête, suspendu à un ballon en l’air. Ces deux enfants qui jouent au milieu de leur famille, dans une architecture  sans âme, m’invitent à savourer le cadeau de l’instant présent. Comme un présent.

Et vous, que dites-vous ?

Mais la multiplicité des « points de vue » manifeste l’ouverture de l’événement – ô combien anecdotique – sur une multitude d’interprétations. Rien ne se fera sans moi.  Sans nous. Les autres oeuvres : The Stack, 2002, Bordeaux Piece, 2004, Shadow Piece, 2005, et Long Goodbye, 2007 méritent l’attention.

Prévoyez de leur consacrer du temps. Evidemment !

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